Comprendre les intervalles

J’ai déjà évoqués les intervalles rapidement dans mon articles sur les gammes. Je te propose de détailler ce concept plus en profondeur : définition, listes des intervalles existants, utilité. Tout, tout, tout, tu sauras tout sur ce sujet.

C’est parti !

Qu’est-ce qu’un intervalle ?

L’intervalle, c’est l’écart de hauteur entre deux notes de musique. Il est mesuré en demi-tons ou en tons. Le demi-ton c’est le plus petit espace possible entre deux notes (dans le système musical occidental). J’ai déjà parlé des tons et demi-tons dans mon article sur les gammes, n’hésite pas à aller le lire si tout n’est pas clair pour toi.

D’ailleurs, dans ce précédent article, j’illustrais les gammes grâce à chaque intervalle consécutif : chaque note par rapport à la suivante ; mais il existe plus de possibilités en matière d’intervalles, de plus grands écarts.

Avant d’entrer dans les détails, tu peux visionner cette vidéo de Bobby McFerrin qui illustre les intervalles et la gamme pentatonique. Plus il saute loin, plus l’intervalle entre deux notes est grand. Et le public comprend instinctivement la note qu’il doit chanter (grâce à la magie de la gamme pentatonique).

Quels sont les intervalles existants ?

L’unisson

C’est l’intervalle le plus facile à reconnaître. On le retrouve entre une note et elle-même. Il mesure 0 demi-ton.

Exemple entre do et le même do :

La seconde

C’est l’intervalle entre 2 notes conjointes (ou consécutives). Par exemple, entre do et ré, entre ré et mi, entre mi et fa, etc… on trouve une seconde.

Il existe des secondes de plusieurs natures :

  • diminuée : 0 demi-ton, par exemple entre do# et ré♭ou entre do et ré♭♭ (double bémol – moins 2 demi-tons)

Mais alors, te demandes-tu légitimement, quelle est la différence entre un unisson et une seconde diminuée ?

A l’oreille, il n’y a pas de différence, il s’agit bien de 2 sons identiques. En revanche, d’un point de vue théorique, il s’agit bien de 2 notes différentes dans le cas de la seconde diminuée.

Unisson : do -do

2nde dim. : do – ré♭♭

Dans ce dernier cas, on passe du do au ré mais le ré étant altéré par un double bémol, on l’abaisse d’un ton complet. Sur un piano, on jouera la même touche. Sur une partition, on n’écrira pas la même note…

  • mineure : 1 demi-ton, par exemple entre do et ré♭
  • majeure : 1 ton, par exemple entre do et ré
  • augmentée : 1 ton et demi, par exemple entre do et ré#

La tierce

C’est un intervalle de trois notes. Par exemple, entre do et mi ; on peut intercaler le ré.

La tierce peut être :

  • diminuée : 1 ton. do – mi ♭♭
  • mineure : 1 ton et demi, par exemple : do – mi♭
  • majeure : 2 tons (ou 4 demi-tons, si tu préfères). Par exemple, do – mi
  • augmentée : 2 tons et demi. Do – mi#

Si tu as lu attentivement le paragraphe concernant la seconde, tu auras remarqué qu’on retrouve le même genre de cas. On voit le même écart en nombre de tons et demi-tons dans une seconde majeure que dans une tierce diminuée. Et également, la seconde augmentée et la tierce mineure compte le même nombre de demi-tons.

Autre remarque, la note mi# t’aura peut-être choqué-e. On ne la rencontre pas souvent mais elle existe bien. On hausse mi d’un demi-ton. Le son produit est le même que fa. C’est ce qu’on appelle une enharmonie, lorsque deux notes ont le même son mais des noms différents. On parle également de notes enharmoniques.

Sur le même principe, on trouvera : fa♭ (on entend mi), si# (on entend do), do♭ (on entend si).

Et comme vu précédemment, avec les doubles altérations X (double dièse) et ♭♭ (double bémol) qui modifie la note d’un ton complet, la liste des enharmonies s’allonge encore. Par exemple : do X (on entend ré), ré ♭♭ (on entend do). Et ça peut s’appliquer à toutes les notes.

La quarte

Intervalle de quatre notes : même principe que ci-dessus, on pourra intercaler deux notes entre le départ et l’arrivée de mon intervalle. En général, pour les exemples, je démarre du do. Ici, j’aurais do → ré → mi → fa. Mon intervalle de quarte se trouve entre do et fa, pour savoir si le fa est #, ♭ ou ♮ (bécarre – sans altération), je compte le nombre de demi-tons :

  • diminuée : 2 tons. Par exemple, do – fa♭
  • juste : 2 tons et demi. Par exemple, do – fa
  • augmentée : 3 tons. Par exemple, do – fa#

La quinte

Intervalle de 5 notes :

  • diminuée : 3 tons. Par exemple, do – sol♭
  • juste : 3 tons et demi. Par exemple, do – sol
  • augmentée : 4 tons. Par exemple, do – sol#

La sixte

Intervalle de 6 notes :

  • diminuée : 3 tons et demi. Par exemple, do – la♭♭
  • mineure : 4 tons. Par exemple, do – la ♭
  • majeure : 4 tons et demi. Par exemple, do – la
  • augmentée : 5 tons. Par exemple, do – la#

La septième

Intervalle de 7 notes :

  • diminuée : 4 tons et demi. Exemple : do – si♭♭
  • mineure : 5 tons. Exemple : do – si♭
  • majeure : 5 tons et demi. Exemple : do – si
  • augmentée : 6 tons. Exemple : do – si#

L’octave

Intervalle de 8 notes, c’est l’intervalle entre une note et une note de même nom ; entre une note et sa répétition, par exemple entre la première et la dernière note de la gamme. Contrairement à l’unisson, les deux notes n’ont pas le même son. D’un point de vue physique, on a une octave lorsqu’on a un rapport de 2 entre les fréquences des deux notes. Par exemple entre le la qui a une fréquence de 440 Hz et le la qui vibre à 880 Hz, on a une octave. Et inversement entre 440 Hz et 220 Hz, il s’agit d’une octave également.

L’octave peut elle aussi avoir différentes natures mais on en utilise rarement d’autre que l’octave juste : 6 tons (12 demi-tons). Aussi, je ne détaillerai pas plus mais saches que ça existe 😉

Exemple, octave do (medium) – do (aigu)

Précisions

Tous les exemples que j’ai utilisés sont des intervalles montants : la première note (j’ai choisi do par commodité mais on peut partir de n’importe quelle note) est plus grave que la seconde note de l’intervalle. Néanmoins, on retrouve le même principe pour les intervalles descendants.

Par exemple, on a une quarte descendante entre do et sol lorsque do est plus aigu que sol :

Récapitulatif

Voici un récapitulatif de tous les intervalles évoqués ci-dessus écrits sur partition en partant de do :

Récapitulatif des intervalles montant en partant de do : de l'unisson à la tierce
Récapitulatif des intervalles montant en partant de do : de la quarte à la quinte
Récapitulatif des intervalles montant en partant de do : de la sixte à l'octave

Astuce

Au-dessus de la quinte, il est plus aisé de compter le nombre de tons/demi-tons nécessaire pour compléter l’octave plutôt que de compter le nombre de tons/demi-tons entre les 2 notes de l’intervalle. On prend l’intervalle descendant complémentaire.

Concrètement, pour la sixte majeure (ascendante) par exemple, on sait qu’elle mesure 4 tons et demi (ou 9 demi-tons, si tu préfères). On sait aussi que l’octave mesure 6 tons (ou 12 demi-tons). Donc si je pars de do et que je veux trouver la note se trouvant à une sixte majeure d’écart, je peux faire : 6 – 4.5 = 1.5 ton ; ou encore 12 – 9 = 3 demi-tons. Je sais alors que la note que je dois trouver se situe 1 ton et demi en-dessous de mon octave (ou 3 demi-tons) : c’est la tierce mineure descendante.

Ainsi, au lieu de faire do plus 9 demi-tons -> la, je peux faire do (à l’octave) moins 3 demi-tons -> la.

J’avoue, expliqué comme ça, on se croirait dans un cours de math… J’espère ne pas t’avoir fait peur ^^’

Pour aller plus loin

Bien sûr, il est possible de dépasser l’octave. On retrouve les mêmes intervalles auxquels on ajoute 6 tons (soit une octave). On aura rarement besoin d’utiliser des intervalles de plus de deux octaves mais ça arrive auquel cas on ajoute 12 tons (2 octaves) aux intervalles déjà vus.

Au-dessus de l’octave, on utilise d’autres noms même s’il s’agit d’intervalles très similaires :

  • unisson + octave = octave (logique !)
  • seconde + octave = neuvième
  • tierce + octave = dixième – en musique classique, en tout cas ; en musiques actuelles, on n’utilise pas de terme spécifique pour la tierce à l’octave.
  • quarte + octave = onzième
  • quinte + octave = douzième – en musique classique, encore une fois ; en musiques actuelles, on n’utilise pas de terme spécifique, c’est la quinte à l’octave.
  • sixte + octave = treizième
  • septième + octave = septième à l’octave (on peut trouver quatorzième en musique classique)

Bien sûr, les mêmes natures s’appliquent aux intervalles au-dessus de l’octave :

  • tous les intervalles peuvent être augmentés ou diminués
  • comme la seconde, la tierce et la sixte : la neuvième, dixième, treizième peuvent être majeures ou mineures
  • comme la quarte et la quinte : la onzième et la douzième peuvent être juste

Conventions

Enfin, tu trouveras parfois des mentions aux intervalles sans nature d’indiquée. En effet, il faut savoir que, par convention, lorsqu’on ne le précise pas : tous les intervalles sont majeurs (pour les 2nde, 3ce, 6te) ou juste (pour les 4te, 5te et 8ve) SAUF la septième qui est mineure (à l’inverse des autres intervalles, on précise lorsqu’elle est majeure).

A noter

Il existe également les intervalles sur-diminués et sur-augmentés ; c’est-à-dire, respectivement, un demi-ton plus petit que l’intervalle diminué et un demi-ton plus grand que l’intervalle augmenté. Je pense qu’avec ce que j’ai présenté, il y a déjà largement de quoi faire. Malgré tout, si tu souhaites que je détaille ces intervalles supplémentaires, fais-le moi savoir dans les commentaires. En attendant, tu peux aussi étancher ta soif de savoir sur l’encyclopédie la plus célèbre du net.

A quoi ça sert les intervalles ?

Quand tu connais les intervalles et que tu sais les reconnaître à l’oreille, tu peux retrouver plus facilement cette mélodie qui te plaît et que tu voudrais rejouer. Une fois trouver la première note de la mélodie, tu cherches les intervalles entre chaque note pour retrouver pas à pas la mélodie complète.

Tu peux aussi composer plus rapidement. Tu joues une note et tu entends dans ta tête la note suivante que tu veux jouer ? Grâce aux intervalles, tu n’as pas besoin de tâtonner pour la retrouver, tu sais qu’elle se situe à autant de demi-tons de ta première note, tu retrouves facilement la nouvelle note que tu as choisie. Et idem pour l’improvisation.

Et ça sert aussi beaucoup pour comprendre la construction des accords.

En bonus, je te partage une vidéo sur le sujet que j’ai appréciée :

Si tu as aimé cet article, tu es libre de le partager.

Si tu as des questions, n’hésite pas à ma les poser en commentaires. Je me ferais un plaisir de te répondre soit directement à ton commentaire, soit dans un nouvel article si besoin. 🙂

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